J’avais prévu un texte doux, hommage à nos liens et à la tendresse, alors que ça matraque à tour de bras! Alors d’un côté j’ai mal de voir la violence de la répression s’abattre sur la jeunesse et je suis en colère mais je maintiens le texte écrit il y a 10 jours !! l’amitié, la complicité, la parole échangée c’est aussi notre résistance !
Alors donc, j’ai réalisé, il n’y a pas si longtemps que vous me lisiez vraiment et que vous étiez nombreux et nombreuses à me lire à chaque fois que je poste un édito. Oui cette réalité, je l’ai comprise cet été parce que ça m’arrive de vous croiser en vrai et que vous me le dites les yeux dans les yeux et parce que vous m’écrivez aussi de temps en temps des réponses de sympathie, des critiques aussi et que vous me donnez des idées, des suggestions. Tout cela je l’ai compris progressivement. J’ai compris que j’étais en lien avec peut-être plus d’un millier de personnes et cela m’a impressionnée. L’arrivée de mes mots jusqu’à vous, tout d’un coup c’était un dialogue improvisé. Ce peu de moi, futile ou dramatiquement existentiel, ces coups de gueule, une humeur, une conviction, tout ce qui bricole avec mon cœur en marche arrivait jusque chez vous.
Alors d’un seul coup, c’est une immense émotion qui m’a envahie. C’est cela que je voulais vous dire ! Que mon coeur a gonflé ! Maintenant, que je sais que régulièrement vous me lisez, cela fait du bien à ma solitude, du bien à celle qui veut toujours parler et qui a du mal à se taire, à celle qui désespère devant les non-réponses, à celle qui saute de joie sans raison, à celle qui se cogne à la vitre de l’apparence, à celle qui lutte, à celle qui est en colère et qui veut arriver à rire.
Oui, vous me lisez c’est incroyable !

MERCI