Mon baiser fou

septembre 2019
Aurillac mon brassage, mon labour, mon baiser fou,

mon inconséquente, ma Valparaiso en effusion (Neruda) « tu n’as pas peigné tes cheveux, tu n’as jamais le temps de t’habiller, tu t’es toujours laissée surprendre par la vie ». Aurillac tu me saoules à la santé du monde aveugle et je m’accroche à ta bonne humeur comme à un ballon à paillettes. Aurillac, tu me déshabilles et me prends sans précaution, tu me fais ta « cour » comme une princesse mais tu trahis tes ruelles et tes terrasses pour t’inventer des palais où il est de bon ton de se baiser entre cousins. Aurillac, tu t’agglutines là où on se ressemble trop, là où on s’assemble trop, là où l’on se protège du grand incendie et de l’odeur de nos poubelles et tu pisses jusqu’au petit matin. Tu avales l’immense nuit pour tenter d’oublier la colère qui gronde et la monstruosité avide qui rampe jusqu’à nos bouches et devant ton agora figée et consentante je bois délicatement le parfum suranné de l’anarchie perdue jusqu’au miracle. Puis je repars avec mon masque, mon badge et mon catalogue jusqu’à l’année prochaine, en abandonnant cette virilité aveugle qui me bouleverse.

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